Dernier Souffle – C.Martinez & C.Valdeira répondent à nos questions


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Dernier Souffle, on vous en parlait récemment, est une BD en devenir. On n’en doute pas et on y croit. Pour en savoir un peu plus sur ce projet, nous avons posé nos questions aux auteurs et voici leurs réponses … Attention Scoop !

Dernier Souffle - la BD

L’interview des auteurs de Dernier Souffle

Planche Noir et blanc - BD Dernier souffle

Salut à vous ! Alors pour commencer, et parce que je ne comprends rien à votre petit site de présentation combien êtes-vous sur le projet ? Qui dessine et qui écrit… en gros qui fait quoi ? Je vous laisse vous présenter. Profitez-en c’est le seul moment de pleine liberté dans cette interview qui sera dirigée d’une main de maître au service de la propagande de notre pays.

C. Valdeira : Bonjour à vous. Moi, je suis celui qui joue avec des pinceaux. Je suis là parce que C. Martinez avait besoin de moi pour aider un type à trouver sa femme et ses filles dans un patelin infesté de grands malades, tous contagieux et sous-alimentés. Ma mission : casser du zombie et, pour cela, je dresse leur portrait robot à la plume et au pinceau. Sérieusement, je m’appelle Carlos Valdeira. Je suis freelance. En baguenaudant, j’ai remarqué le post d’un scénariste recherchant un dessinateur ayant un style réaliste (cela fait partie de ma palette artistique, du moins je l’espère). Je me suis proposé et, voilà.

C.Martinez : Salut mauvaise troupe ! Je suis Cyril Martinez, scénariste de la BD et, accessoirement, celui qui s’occupe de la publicité, de la diffusion et du contact avec la communauté et les fans qui nous suivent. Mes nombreuses recherches, lectures, visionnages cinématographiques et même la culture vidéo-ludique (jeu vidéo, je pense à cela à The Last of Us), m’ont permis de me lancer dans ce projet avec grand bonheur (et très bien entouré) pour réaliser cette BD zombiesque. Je m’attache bien évidemment à ne pas faire une BD d’action, contrairement à ce que l’on pourra croire face au scénario du premier tome, mais à faire une BD tragique/horreur où l’action est certes présente mais mise en second plan pour dévoiler au contraire des personnages profonds et une aventure psychologique.

Quelles sont les études que vous avez faites ?

C. Valdeira : Je ne m’étalerai pas trop sur ce sujet car, je l’avoue, j’étais un vrai nul à l’école. À l’époque du collège je ne désirai qu’une chose : faire du dessin artistique ma profession. Au vu de mes piètres résultats, vu ma bonne tête et mon niveau en dessin, les profs, sympas, m’ont orienté vers un lycée recrutant par simple concours d’entrée, uniquement basé sur du dessin. Ayant passé l’examen d’intronisation haut la main, je me suis fait expulser au bout d’un an. Motif : niveau dans les matières générales trop faible. Comme quoi elle est bizarre la sélection naturelle : une école dédiée à l’illustration publicitaire qui vire un gars ayant le meilleur niveau en dessin de sa classe mais pas assez calé en math  :(
Quand j’y pense….. Bref. Pour répondre à la question : pas de diplôme(s). J’ai surtout la chance d’avoir mis les pieds dans une agence de publicité orientée BD. J’avais comme collègues de travail Brice Goepfert (mon mentor), Claude Geminiani (ex directeur artistique chez Dargaud) et de temps à autres des relations ou des indépendants qui collaboraient avec nous : Marcel Uderzo, Christian Marin (le papa de Bibi phoque, pour les nostalgiques), Christian Debarre etc.

C.Martinez : Moi non plus je ne veux pas trop m’étaler sur le sujet, ahah. J’ai fait et je fais des études littéraires, basées aussi sur la science humaine (mot « intellectuel » pour dire philosophie). Ce qu’il faut savoir c’est que j’ai misé sur classe préparatoire de Lettres Classiques (Hypokâgnes et Kâgnes) afin de me lancer dans l’enseignement du Français et Latin. Je suis aussi, vous vous en doutez, scénariste et, là vous vous en doutez sûrement moins, critique de cinéma.

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Bon…  Maintenant qu’on y voit un peu plus clair, comment vous est venu ce projet ? Pourquoi une BD plus ou moins « zombie » alors qu’on se prend une déferlante Walking Dead depuis déjà 2 – 3 ans (la série tv aidant) ?

C. Martinez : Ce projet me trottait à la tête depuis longtemps, mais en voyant le générique de fin de The Last of Us (excellent jeu au passage), je me suis dit « Merde, j’ai envie de donner la même émotion dans une BD ». De surcroit, mes lectures antérieures (Max Brooks, plus précisément – même si, je l’avoue, je n’ai pas du tout aimé WWZ) m’ont pas mal inspiré. J’ai longtemps fait des recherches sur les origines du zombie (la magie noire, les vaudous, le Solanum, les trucs radioactifs etc…), ce qui m’a permis d’en savoir énormément sur ce petit monstre qui est la mode actuelle. Après, pourquoi une BD zombie ? Parce que c’est à la fois un sujet éculé, mais à la fois un « terrain libre » où l’on peut véritablement toujours innover, contrairement à ce que l’on peut penser : étudier la nature humaine est primordiale, et faire ressortir son aspect sauvage quand la frontière entre le bien et le mal est brisée. Montrer finalement au lecteur que nous sommes des animaux, à l’origine, et qu’un jour ou l’autre, nous redeviendront des animaux.

C. Valdeira : Je pense que le genre permet une grande déclinaison. Il suffit de voir les diverses variantes cinématographiques. La peur de la maladie, de la bête, de la folie. La perte de repères, l’inconnu et de la mort sont des vecteurs que le terme de “zombie” symbolize parfaitement… (wahou, qu’est-ce que je parle bien ! :)). J’aime ce genre car il annonce un combat, une quête ou l’initiative dans un monde sauvage et incertain. C’est très actuel.

Sans jeu de mot foireux, ni rapprochement facile avec les zombies, n’avez vous pas « peur » d’être noyé dans la masse des BD sur le sujet ? Voire même des BD tout court avec un marché ultra compétitif et complet (pour ne pas dire saturé) ?

C. Valdeira : Martinez a mûri son sujet. Son histoire est très réaliste. Il ne s’agit pas de types qui sortent de terre, à moitié (ou quasiment) en décomposition. Ce n’est pas des êtres humains métamorphosés en vampires après incubation. Les malades traités ici sont des infectés totalement dominés par un hôte qui les détruits physiquement (dans un autre genre, regardez l’exorciste). Il s’agit là de la trame. En surface, en fait, il s’agit d’un homme, confronté à un univers chaotique et hostile,à la recherché des siens.

C. Martinez : Le zombie est une mode de nos jours. Depuis plusieurs années, on voit le zombie partout, sous toutes les formes possibles. On en a en films, en jeux vidéo, en BD, en figurines. Cela n’empêche pas les fans de continuer à aimer cela sans s’en lasser. Pourtant, on souhaite justement ressortir de toute cette « masse de BD » en apportant, comme on l’a précisé plus tôt, une aventure véritablement réaliste. Que le lecteur puisse se dire « Merde, ça pourrait nous arriver ça ! » et délivrer des personnages, non pas présents pour justifier de la boucherie et des litres de sang, mais au contraire pour montrer une aventure à la fois psychologique, haletante et prenante.

Maintenant, et sans transition, parlons concrètement de votre bd, Dernier Souffle, en entrant directement dans le tif du filet. Pouvez-vous nous développer un chouille plus l’intrigue que le résumé que vous avez fait ? siouplé, siouplé, siouplé…

C. Valdeira : Heu, Il était une fois… Non,  je laisse mon tour à mon collègue… Il domine la situation.

C. Martinez : Vous allez avoir le scoop ! En quelques sortes, Vincent, un homme d’affaire de Downtown L.A, va être séparé de sa famille pour un contrat d’affaires. Sa famille est à Los Angeles (en Californie), lui à Denver (dans le Colorado). Si vous vous servez de Google Maps, vous verrez que ça fait une sacré trotte à pieds ! Bref, la BD se base sur un road-movie où Vincent va passer de bonnes rencontres à de mauvaises rencontres. Il va faire la rencontre de Honorée et Joshua, deux survivants, qui vont l’épauler jusqu’à la fin dans son parcours à la recherche de sa famille. Mais autant vous dire que le thème principal ne tourne pas autour des retrouvailles, c’est un sujet bien en second plan. Le sujet principal va être la survie de Vincent, et il va très vite oublier son premier objectif pour assurer sa propre sauvegarde et celle de sa nouvelle famille : Joshua et Honorée. Je ne peux hélas pas en dire davantage au risque de spoiler, mais autant vous dire que certains personnages qui pourront paraître amicaux au début seront en réalité les personnes les plus dangereuses.

Il y a beaucoup de zombies dans votre bd ?

C. Valdeira : J’espère. Faut bien que je bosse.

C. Martinez : Il n’y aura aucun zombie. Enfin, il n’y aura aucun zombie dans le sens où les « zombies » de notre BD ne sont pas des zombies à proprement parler. Non, ce sont des infectés, des personnes contaminées par un parasite (qui s’éclaircira bien vite dans la BD et qui existe réellement). Et pour répondre plus clairement à la question, oui, il y aura des Infectés, mais nous ne voulons pas en faire des maitres-acteurs de la BD. Ils sont avant tout ici pour justifier une histoire dramatique, ce sont des personnages secondaires à même titre que les zombies de Je suis une Légende, par exemple. Evidemment, pour garder un certain rythme, il y aura beaucoup de moments où on aura droit à des courses poursuites, à des grosses bagarres/fritures avec des infectés, des moments de panique (un pont à traverser qui est saturé d’infectés). Mais ces moments sont ponctuels et pas continus.

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Que vous inspire justement les zombies ? Pensez-vous que ce monstre de la culture populaire, largement influencé par le Roi George Romero, puisse sortir de son image de bête stupide lente et inefficace quand elle est seule ?

C. Valdeira : A l’époque, à mon avis, quand les spectateurs ont vu les morts-vivants de Romero pour la première fois sur la toile, ils ont dû se faire dessus. Plus récemment, le film de Danny Boyle, avec ses zombies qui courent après le bifteck, m’a bien plu. Je n’ai encore vu le tout dernier (WWZ), mais je pense qu’il ne doit pas également mettre les gens à l’aise. Pour moi, les zombies sont tout sauf stupides et lents. Je pense qu’ils s’adaptent, réfléchissent et cela malgré leur mort cérébrale (prenez le cas de “je suis une legende” : ne pouvant pas attaquer du fait du danger d’être exposé au soleil, les vampires observe leur proie et planifient un piège). J’attend d’entamer la conception des infectés de mon collègue. J’espère, en tout cas, donner une image du zombie que l’on veut éviter de croiser à tout prix.

C. Martinez : Les zombies, pour moi, n’inspirent pas les effusions de sang et le gore à gogo. Non, pour moi, ils sont plus là pour inspirer la peur, l’oppression et l’impression d’être en danger permanent quelle que soit la situation. Chez nous, nous réalisons justement des zombies qui ne sont pas lents et stupides, ce sont des personnes qui voient comme nous, mais qui, au lieu d’être lents et crétins, ont une vitesse et une force décuplée. Comme, par exemple, quelqu’un qui a la rage : il dépasse ses facultés et devient incontrôlable, souvent plus fort, plus résistant et plus rapide. Mais aussi beaucoup plus « machine ». C’est ici la même chose pour nos zombies. Nous espérons que l’image du zombie puisse avoir une nouvelle image, mais pas à l’instar de ce que Pattinson donne à l’image du vampire.

Avez-vous des idées d’une évolution possible du zombie (comportement, évolution, contamination, origine du désastre, etc.) ?

C. Martinez : Il y aura bien évidemment des évolutions, des « stades » de zombies dans notre BD : ils évolueront pour s’adapter à l’environnement (classification naturelle). Ce qui créera bien évidemment des zombies, va-t-on dire, spéciaux.

C. Valdeira : Pour ma part, cela fera peut-être partie d’un making off graphique… Je tâcherai d’élaborer des idées avec mon collègue au fur et à mesure de l’évolution des albums.

Si oui, allez vous les adapter à votre œuvre ou plutôt se servir de celle-ci, tel qu’on les connait, pour ne pas trop « surprendre » le lecteur et plus mettre en valeur vos héros/ l’intrique ?

 C. Martinez : On va évidemment créer des zombies évolués, mais des zombies uniques, encore jamais vus jusqu’ici parmi tous les zombies spéciaux qu’on puisse connaitre.

Combien de tomes prévoyez-vous ? À moins que ce ne soit qu’un one shot ?

C. Martinez : On prévoit une bonne dizaine de tomes.

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Comment s’est passé la présentation de votre projet, si vous l’avez tenté, aux maisons d’édition ? Et, du coup, pourquoi Webcomics ?

C. Martinez : J’ai bien évidemment présenté notre projet à plusieurs maisons d’édition. Celle que je connais plus particulièrement a été tant emballé par le scénario que par le dessin, c’est donc très positif pour notre part. Webcomics est plus là pour montrer des extraits de notre travail et avoir les retours d’amateurs de BDs et de dessins, afin qu’ils nous donnent leur critique et pour que l’on puisse modifier cela par la suite.

J’imagine que le monde de l’édition de la bd est difficile. Avez-vous pensez à un Kickstarter (c’est à la mode) ?

C. Martinez : Si vraiment on a des problèmes sur le contrat avec notre maison d’édition de prédilection, et que nous ne trouvons pas d’autres intéressés, nous utiliserons le Kickstarter en dernier recours. Et je n’espère pas que cela se passera.

Vous aimez le dernier Daft Punk ?

C. Valdeira : Je ne déteste pas. Je suis assez éclectique. De plus, un des membres du groupe est de mes origines, ce qui me plait bien.

C. Martinez : « We’re up all night ’til the sun, we’re up all night to get some, we’re up all night for good fun, we’re up all night to get lucky »
We’re up all night to get lucky

Vous annoncez la sortie de la BD que pour la fin 2014. Vous avez d’autre projet de ce type en plus de celui-ci ?

C.Martinez : Oui, d’autres projets. Je travaille avec une amie le projet de « Dernier Regard », spin-off de Dernier Souffle où l’on découvre un personnage secondaire que l’on entraperçoit au tome 1.

Si oui avec des Zombies dedans ?

C. Martinez : Non, infectés :-p

Bon ben merci de m’avoir accorder  un peu de votre temps ô combien précieux, j’espère avoir de vos nouvelles rapidement et de voir un peu l’avancé du travail…
Si vous avez autre chose à dire, comme remercier vos mamans, vous pouvez le faire … ;)

C. Martinez : Merci maman.

Merci à C.Martinez et C.Valdeira de s’être prêtés au jeu des questions-réponses. On espère avoir des nouvelles de l’avancée de leurs travaux dès que possible…

Résumé
Article
Interview des auteurs de la BD
Auteur
Description
L'interview Questions-Réponses de C.Martinez et C.Valdeira, auteurs de la BD Dernier souffle à sortir en 2014.
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