World War Z

Notre Avis

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Bon, sorti depuis déjà quasiment un mois, World War Z est un film basé sur le livre de Max Brooks. Ça, si vous suivez un peu Zombie Parade, l’actualité cinéma ou simplement l’univers Z, vous devez déjà le savoir. Peut-être certains d’entre vous, comme moi, ont hésité à aller voir ce film. Mais c’est finalement chose faite (pour moi, hein, suivez un peu quoi !), et donc en voici quelques impressions.

World War Z, c’est avant tout un film à gros budget. On y voit Brad Pitt, notamment, et ça laisse supposer qu’il va y avoir du spectacle à coups d’effets spéciaux en théorie de qualité, mais pas forcément un scénario folichon. Et devinez quoi ? C’est effectivement le cas. Maintenant, un manque de scénario ne fait pas forcément d’un film un navet, et heureusement, d’autres composants sont là pour rehausser notre intérêt pour le long métrage.

À commencer par les effets spéciaux, puisque je les évoquais. Pour avoir un peu suivi leurs développements, force est d’avouer qu’ils sont impressionnants… Cette marée « humaine », en réalité des images de synthèse, où chaque « individu » est contrôlée par une IA, c’est juste techniquement prodigieux, et visuellement à couper le souffle. Et c’est grâce à ces effets spéciaux que les Zombies, dont la vision est ici très personnelle puisqu’ils courent et sautent comme des sauterelles, prennent une place très importante tout au long du film. Ennemi implacable et d’un genre nouveau pour les forces armées mondiales, ils sont d’autant plus dangereux que leur morsure transmet la contamination à la vitesse de l’éclair (notre Bradounet ne comptera pas plus de 12 secondes lors de sa première observation du phénomène, même si on apprend par la suite qu’elle peut potentiellement prendre jusqu’à 10 minutes, bien que ce fait sera totalement occulté par la suite), et transforme donc une ville comme New York ou plus tard Jérusalem en une zone sinistrée en l’espace de quelques dizaines de minutes au maximum. Ces deux scènes urbaines sont particulièrement bien rendues, et on ne peut qu’être spectateur angoissé par la détresse et l’inutilité des défenseurs. A noter que le film reste grand public, et qu’il n’y a pas vraiment d’effets sanglants ou glauques : même les Zombies restent à visage relativement humains. Zombies qui n’en sont donc pas vraiment, puisqu’il suffit d’une simple morsure pour être contaminé et subir une « transformation » quasi instantanée, loin du processus de vie à trépas puis à non-vie des morts-vivants dont nous avons l’habitude. Néanmoins, leur férocité est indéniable (la scène de New York en est un exemple très impressionnant).

A part un début un peu lent (mais théoriquement nécessaire pour mieux poser la bascule entre une petite vie tranquille et une apocalypse zombie), le film tient le rythme de façon assez correcte, et je ne peux pas dire m’être ennuyé. Certes, les scènes d’actions sont finalement très édulcorées, et Brad lui-même n’est pas le « guerrier infaillible », mais plutôt le « survivant quasi-immortel ». On reprochera au scénario une linéarité fort étrange pour un thème qui peut être abordé de façon bien plus original, et un QI plutôt faible pour le personnage principal (qui se rend compte de certains éléments bien après que le spectateur soit arrivé à la même conclusion).

Néanmoins, World War Z brille surtout par certaines scènes clefs, qu’elles aient ou non un rapport au livre (aux livres même, devrais-je dire, puisque l’utilisation d’un certain véhicule par Brad Pitt et ce qu’il reste de son équipe à un moment laisse supposer qu’il s’agit d’un élément emprunté à « Guide de survie en territoire Zombie », toujours de Max Brooks pour les cancres du fond !), dont le côté amusant (si, si) ou épique (la scène du couloir, vers la fin, mérite bien ce terme) permet de réussir l’objectif principal du film : divertir.

Alors bien sûr, World War Z n’est pas exempt de défauts, autre que celui du scénario. Aseptisé, quelque peu bancal (certaines explications sont purement et simplement « oubliées » dans le film, sans compter que la raison de la chute de Jérusalem est quelque peu… capillotractée), ne suivant presque pas du tout le livre de M. Brooks (puisqu’on suit la quête d’un seul et même personnage, là où le livre s’attachait à retranscrire le témoignage de plusieurs dizaines), avec une bêtise assez édifiante des forces en présence (Israël qui construit un mur pour se protéger des Zombies, mais « oublie » de surveiller ledit mur des fois qu’ils trouvent un moyen de le contourner et donc pouvoir réagir pro-activement…), on pourra ressentir un certain manque d’envergure global.

Mais World War Z prend justement un peu à contre-pied. Loin d’être aussi épique qu’un certain Hobbit, loin d’être aussi m’as-tu-vu qu’un 47 Ronins à venir prochainement, par exemple, il place avant tout la contagion au coeur du scénario et du film tout entier (il n’y a qu’à écouter le discours du scientifique à bord de l’avion pour s’en convaincre), et place des personnages loin d’être « superhéroïques » face à un fléau qui semble implacable, impossible à stopper.

Au final, un moment cinématographique apprécié, observé à sa juste valeur – celle d’un divertissement qui sort un peu des sentiers battus par la plupart des films catastrophes (même s’il surfe sur un sujet très à la mode en ce moment, c’est indéniable), et qui tente de coller quelque peu à l’esprit du livre à défaut de le suivre à la lettre (on y retrouve par exemple les lieux clefs, le sentiment d’impuissance et d’inutilité des gouvernements face au fléau, et quelques idées globales). Et malgré le sujet peu réjouissant, puisqu’on y évoque la possible disparition de l’humanité, le film se paie le luxe de quelques rires à des moments pourtant climax. En bref, même si on ne considère pas World War Z comme le film du siècle ni de l’année, le long métrage de Marc Forster est néanmoins réussi, efficace et fait passer un bon moment avec lequel on peut discuter avec ses amis à la sortie de la salle. Si un point peut réellement décevoir, je l’évoquais plus haut, c’est la vision du Zombie, qui est d’ailleurs plus un Infecté qui refuse de mourir à part avec un bon classique pan-dans-la-tête qu’autre chose, mais qui donne, surtout dans les scènes de masse, l’impression de voir une armée de Zergs (comme le soulignait à très juste titre Croque-Monsieur ici) plus qu’une horde de Zeds. Et ce point, pour nous qui sommes fans de nos petits morts-vivants anthropophages, peut à lui seul justifier qu’on puisse ne pas du tout aimer le film. Conseil donc, si finalement vous vous décidez à aller le voir, ou quand vous aurez l’occasion de mater le DVD ? Tenter de garder l’esprit ouvert. Enfin pas trop quand même hein, histoire de ne pas attraper de rhume de cerveau :D

World War Z 5.00/5 (100.00%) 2 votes

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Détail des appréciations

Octopode bionique, capable de tenir un pad et un gun en même temps qu'il écrit pour ZP, Poulpe Zombie est l'âme même de la personne qui ne fait aucune concession (il n'aime pas les voitures). Poulpe Zombie, votre serviteur, a le sens du sacrifice car il joue pour vous à des très bons jeux Z tout en s'entraînant pour ses prochains GN.

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